Hymne à la vie.

On change un peu de registre dans cette rubrique ... mais attention, c'est pas pour autant que ça va être tristounet non plus...
Oui, je me suis levée ce matin et je me suis dit : " pourquoi je suis là?" ... oui je me pose toujours de grandes questions existentielles au saut du lit ... y'en a qui se grattent les cheveux, les mecs se grattent autre chose ^^
... et ben moi je me pose des questions ...
Donc j'ai commencé à réfléchir à ce propos ... et pour moi la seule raison d'être là, c'est la présence constante d'un but à atteindre, la projection d'un avenir que nous seuls pouvons espérer et accomplir. Il est nécessaire de se trouver un défi qui conditionne notre existence. Bien sûr ce défi varie en fonction de notre avancée dans la vie, en fonction des défis précédents réalisés ou non ... mais toute notre existence dépend de nos aspirations. Une vie sans ambition n'en n'est pas une. Il faut se poser quelque instant, faire une introspection en soi et chercher "pour - quoi" et pourquoi nous sommes là. Il n'existe personne de plus dangereux que quelqu'un qui n'a plus rien a perdre; c'est pourquoi chacun doit trouver sa motivation propre pour avancer. Ce peut aller du plus simple et du plus futile ("aujourd'hui j'irai acheter une baguette", ou encore "cet après-midi, je ferai le ménage à fond" etc...) au plus complexe et au plus important ("je dois tout faire pour réussir cet examen même si je suis fatiguée , même si je n'ai plus envie" ou bien "je me dois de tout mettre en oeuvre pour le récupérer ou pour qu'il soit fier de moi" etc...). Coûte que coûte, qu'on le veuille ou non, l'humain est un être en devenir ; c'est dans sa nature de bouger, de se mouvoir; reste à savoir s'il est prêt à prendre en main son existence et s'il est prêt à régir sa vie en y imposant ses choix; mais encore faut il qu'il ait défini ses choix auparavant; pour cela, il doit se se poser, réfléchir et oser.
"Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront."
Ceci est une citation de René Char qui, je le pense, qualifie parfaitement ce qu'est la vie. Il est vrai que dans chaque existence, il y a des choix à faire, et toute l'habileté d'un humain consiste à "imposer" ses choix plutôt que de les subir. Un risque réside au sein de chaque décision mais celle-ci est pourtant nécessaire si l'on veut avancer. Attendre que la "chaussette s'enfile toute seule" conduit tout droit vers l'"admission" pure et simple des choix plutôt que vers la "décision" véritable. Bien sûr, le mouvement fait peur, bien sûr le changement effraie. On est sûr de ce qu'on quitte mais on n'est pas sûr de ce qu'on va retrouver. Certes, d'un côté, l'inconnu est un gouffre où s'engloutissent toutes nos certitudes, toutes nos fondations; où l'on abandonne pour un moment nos acquis; mais d'un autre côté, ne faudrait-il pas envisager l'inconnu comme une possibilité de nouveau départ, comme une chance de renaissance, comme une permission d'avancer, d'aller plus loin,
de passer au niveau suivant
...
La vie est comme une poterie que l'on choisit de façonner nous-mêmes ou de laisser modeler par autrui... Chacun a en face de lui son tas d'argile
qu'il lui revient de former-déformer à sa façon. Le but étant de créer une oeuvre unique, avec un certain cachet, une certaine envergure; une oeuvre qui contente celui qui l'a faite. Mais pou cela, il faut se salir les mains. Et dans la vie, se salir les mains, c'est prendre des risques, c'est affronter l'inconnu en osant déformer la boule d'argile bien lisse que l'on avait au départ, en la déchirant en morceaux, en la détruisant ...........................mais, pour mieux la reconstruire, pas à l'identique, mais sous une autre forme qui démontre une avancée, une réflexion et qui fait que l'on se rapproche de cette "oeuvre unique, avec un certain cachet, une certaine envergure" tant convoitée. Bien sûr, il ya des "ratés", bien sûr il y des échecs mais c'est ça la vie : être toujours en balancement, toujours en devenir, jamais dans l'immobilisme, qui n'est qu'une négation de la vie elle-même. Il faut déguster la vie "à pleine bouche, buvant le soleil comme si c'eût été du vin" sans jamais douter du bienfondé de celle-ci mais plutôt de notre bienfondé à nous. Sans cesse se demander la raison de notre existence présente; cette remise en question permet, non pas de détruire tout ce que nous sommes, mais bien au contraire de nous construire en nous faisant poser les questions nécessaires à notre élévation, à notre évolution. Si, bien entendu, parfois, le scepticisme profond nous envahit en ne nous montrant que "ce qui ne va pas", en nous faisant croire que le risque qu'on a su prendre était vain et qu'il ne menait à rien; il faut savoir remonter et prendre l'ascendant sur ses démons; il faut reprendre le travail et changer ce qui n'a pas fonctionné pour pouvoir remodeler par-dessus. Il ne faut pas effacer ou oublier nos erreurs car c'est celles-ci qui font ce que nous sommes; elles font partie intégrante de nous et c'est par elles et par dessus elles que nous reprenons le travail de remodelage de notre boule d'argile. Nous n'en sommes pas fragilisés mais, nous en ressortons plus forts. "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort", et , jusqu'à preuve du contraire, la vie est le contraire de la mort ... donc la vie, avec ses aspects négatifs et ses douleurs nous rendent plus forts et plus aptes encore à façonner notre argile. Le but est de créer une poterie à notre image pour que, lorque viendra notre échéance,
lorque notre temps de démonstration touchera à sa fin, nous puissions nous dire :" Ce fut difficile , douloureux, déstabilisant, troublant, épuisant et intense, mais j'en ai fait ce que je désirais; j'ai risqué, j'ai perdu puis j'ai eu l'audace de risquer de nouveau et ça a payé: ma vie a été ce que j'en ai fait, avec ses imperfections mais avec ses réussites et ses moments inoubliables. Je suis fière de moi, de ce qu'a été ma vie." . La connaissance de notre fin certaine, de notre mort inévitable nous pousse à vivre au jour le jour, et à ne pas gaspiller les moments privilégiés que nous offre la vie. Nous avons tous, un jour ou l'autre à faire face à un bois traversé par deux routes. On ne peut emprunter les deux; on ne peut en emprunter une puis revenir en arrière mais on peut CHOISIR ... on a beau essayer d'apercevoir dans les sous-bois ce qui se trouve de l'autre côté des deux chemins, il nous est impossible d'être certain de ce que nous percevons : c'est l'inconnu. Néanmoins, soit je choisis une des deux voies, soit je reste planté là en attendant que la fin vienne me faucher, sans jamais savoir ce quiaurait pu m'attendre "là-bas". Il faut vivre tant qu'il est encore temps; Seul celui qui "fait" peut se tromper mais, en attendant, seul celui qui fait peut avancer. Nous mourons tous beaucoup trop ces derniers temps alors que la vie nous tend les bras. C'est un hymne à la Vie, avec un grand "V" que voilà. "Ah, vivre : Quel équilibre! et quelle fatigue." (Antonio Tabucchi). Je demande à cette petite voix : "Fais-toi entendre lorsque je n'entends plus, rappelle-moi chaque jour qu'il est jour et que l'on ne vit qu'une fois pour toujours.(Veracini dans Epiphanies de l'ange).
Vivez, pleurez, riez, maudissez, hésitez, criez, doutez, mais choisissez, construisez, acceptez de vous remettre en cause, bougez mais restez fidèles car riend'autre que la vie ne peut vous apporter ce florilège aussi vaste d'actions possibles, rien d'autre que la vie ne peut, certes vous prendre tant, mais aussi vous apporter tant ... alors ... VIVEZ, tentez, chaque jour de faire de votre existence ce que vous désirez en faire, essayez sans cesse de vous approcher de votre idéal, car celui-ci n'est pas une utopie; SOYEZ l'humain que vous voulez être et autorisez vous des erreurs, qui ne feront que mettre en valeur vos réussites. Ne vous contentez pas d'une vie artificielle, une vie de carton mais ambitionnez bien plus : LA VIE, LA VRAIE. Cueillez chaque jour ce qui vous est donné pour trouver votre place dans ce monde et pour, dans votre ultime souffle de pensée, vous dire que vous pouvez partir en paix. Déroulez sans crainte le grand rouleau de votre vie
et ouvrez vous au monde.
Lorsque Pandore est descendue sur Terre et a ouvert la boîte, la seule chose qui fut offerte aux Hommes, fut l'Espoir, l'attente de jours meilleurs; mais c'est là qu'il ne faut pas se méprendre : il ne s'agit pas de l'attente passive mais de l'espoir actif, multipliant les tentatives d'amélioration de notre existence.
Peut-être que parfois, "la vie ne vaut rien", mais en attendant, "rien ne vaut la vie" ...

Par Emeline pasdesandwichoblige, Jeudi 27 Decembre 2007 à 18:08 GMT+2 dans Pensées (article, RSS)





